Le SAS (scolarité aménagée spécifique)

Le SAS
(Scolarité Aménagée Spécifique)

LE SAS, Pourquoi ?


Notre association accompagne des enfants et adolescents à haut potentiel et à potentiel atypique (Troubles Dys-, déficit attentionnel, autisme Asperger...) depuis 2003. Depuis toujours, ces enfants montrent des difficultés d’adaptation scolaire, qui nous invitent (parents, enseignants et professionnels de santé) à réfléchir ensemble pour proposer des ajustements permettant à ces enfants de trouver leur place dans l'école, ou plus globalement dans la société. Dans la majeure partie des cas, une bonne dose de bienveillance, de communication, et de compréhension des valeurs et contraintes de chacun, rendait possible un compromis, une solution juste, au sein de laquelle l'effort d'adaptation était partagé, ne reposant, ni exclusivement sur l'institution scolaire, ni totalement sur l’enfant et sa famille...
Et cela demeure le cas, assez régulièrement. Bien souvent, aménagements de programmes, sauts de classes ou décloisonnement sont suffisants.
Mais les temps changent : le poids qui pèse sur l’École s'est alourdi ; les difficultés des enfants sont plus flagrantes encore ; le tout dans un contexte sociétal plus générateur de stress... De plus en plus souvent, discussions, négociation et intelligence collective ne suffisent plus.

Nombreux sont les enseignants qui nous contactent et se déclarent démunis, pas suffisamment formés en psychopédagogie, ou simplement en situation de devoir gérer au quotidien des réalités trop complexes et disparates, pour viser l'optimum pour chacun.
De plus en plus nombreuses sont les familles qui se retrouvent à bout de souffle, malgré les différentes tentatives thérapeutiques ou aménagements scolaires mis en place. Si l’École demeure très majoritairement une valeur première pour les familles, qui ne remettent pas en cause son importance, la réalisation concrète de ce principe éducatif se heurte à des difficultés croissantes de mise en œuvre.

Et le vécu des enfants se teinte de souffrance.
Les phobies scolaires existaient ; elles sont de plus en plus fréquentes, et d'apparition de plus en plus précoce.
L'échec scolaire existait ; il est désormais courant, dès l'école primaire, chez des enfants qui ont toutes les potentialités nécessaires pour suivre une scolarité normale.
La déscolarisation existait, il y avait des adolescents décrocheurs (quels que soient leurs résultats scolaires) ; on rencontre aujourd'hui de jeunes enfants vivant une scolarisation en pointillés...


Le SAS, c'est quoi ?


Le SAS proposé par l'association Potentiels, est l'acronyme de : Scolarité Aménagée Spécifique.
Le SAS est aussi un sas, au sens commun du terme. C'est-à-dire un monde à la fois fermé, protégé, protecteur, et un passage, une passerelle entre deux mondes : celui de l'enfant en souffrance scolaire et celui de l'école traditionnelle.
Nous considérons en effet, qu'idéalement, la place de tout enfant est dans l'école de son village ou de son quartier. Et cela demeure pour nous, l'objectif à atteindre. Cependant, nous ne pouvons faire fi des situations où l'effort n'est plus suffisant, et où le mal-être scolaire se transforme en refus de tout apprentissage, voire en mal-être global.
Le SAS est un dispositif de scolarité aménagée, à temps partiel (2 jours/semaine), venant en complément d'une scolarité normale. Dans certains cas, le SAS est aussi une alternative à la déscolarisation, ou la possibilité, pour les enfants déjà déscolarisés, de vivre un mode d'apprentissage collectif.
C'est un endroit :
  • pour se requinquer, pour prendre une bouffée d'oxygène
  • pour se réconcilier avec les apprentissages, voire se remettre à niveau.
  • pour mieux se connaître en tant qu'apprenant (en découvrant ses stratégies spécifiques d'apprentissage) et en tant que personne (en décodant ses comportements et émotions).
  • pour retrouver le plaisir d'apprendre, de découvrir le Monde, d'exprimer ses potentiels et sa créativité, d'oser exister (y compris dans ses différences) pour soi et pour les autres.

Tout ceci dans le but de pouvoir progressivement transférer les compétences acquises (scolaires, comportementales, relationnelles...) en milieu scolaire plus classique.


EN PARTENARIAT AVEC L'EDUCATION NATIONALE


Le partenariat avec l’Éducation Nationale concerne les élèves de primaire sur le territoire Corrézien. C'est un dispositif unique en France d'aménagement de parcours scolaire pour les élèves de primaire. 
En cette rentrée 2018-2019, le SAS démarre sa 5ème année. 
Suite à un fonctionnement expérimental pendant 2 ans, le SAS de l'association Potentiels peut se prévaloir de la signature, par Monsieur l'Inspecteur d'Académie - Directeur Académique, d'une convention de coopération avec l'Éducation Nationale, dont les services en Corrèze, reconnaissent clairement les singularités et les besoins spécifiques des enfants à Haut Potentiel (intellectuellement précoces). 



Le PROJET PEDAGOGIQUE DU SAS

Accompagner l'atypique

Le SAS se donne avant tout pour mission de prendre en considération le fonctionnement atypique de chacun, dans ses potentialités, comme dans ses difficultés, pour accompagner l'enfant tel qu'il est, dans ce qu'il est.

Le SAS s'adresse à :
  • Des enfants à Haut Potentiel et/ou à Potentiel Atypique ( Troubles Dys-, déficit attentionnel, autisme Asperger, situations de souffrance scolaire)
  • Présentant des difficultés d'adaptation à l'école traditionnelle (qu'ils soient scolarisés ou déscolarisés)
  • Sans condition de résultats scolaires ni élitisme (des plus performants jusqu'aux enfants en situation d'échec)
  • Après entretien tripartite Enfant-Parent(s)-Association Potentiels, afin de s'assurer de la vision partagée du projet pédagogique, et de la capacité du SAS à y répondre.
  • Prioritairement adapté aux élèves du CP au CM2. (Autres classes d'âge : nous contacter).

Nombre de places : 12 enfants maximum.

Parce que ces fonctionnements atypiques nous amènent à bousculer des prétendues correspondances du type « tel âge – telle classe – tel programme », l'association Potentiels a défini, pour le SAS, un projet pédagogique spécifique.

Une pédagogie différenciée

En fonction de la situation de départ, au niveau cognitif (points forts et points faibles du fonctionnement intellectuel, mémoire, capacités d'attention et de concentration...) et au niveau scolaire (état des lieux des connaissances proprement scolaires) en lien avec les établissements scolaires qui accueillent les élèves, nous proposons aux enfants des contenus d'apprentissage personnalisés, qui s'appuient à la fois :
  • sur les programmes de l’Éducation Nationale
  • sur les progressions fournies par les enseignants (afin que l'enfant absent deux jours par semaine travaille les notions abordées dans sa classe)
  • sur la reprise de notions antérieures, quand il y a des lacunes anciennes, dans le but d'une remise à niveau
  • sur la découverte de nouvelles notions, y compris relatives au programme des années supérieures, pour répondre à l'appétence de savoirs.

Nous proposons une diversification :
  • des modes de travail : en autonomie, en collectif, en accompagnement individuel, en ateliers de découverte
  • des supports pédagogiques : supports papier, audiovisuels, numériques, jeux, travaux manuels...
  • des intervenants

Notre but est bien de mettre en place une stratégie d'apprentissage la plus fidèle à l'enfant, la plus « sur mesure » possible, quitte à devoir « retailler le costume » régulièrement.

Apprendre aussi d'autres choses, autrement

Alors que les matinées sont consacrées aux apprentissages fondamentaux (français, maths), l'après-midi est réservé aux ateliers collectifs.

Il s'agit ici d'apprendre d'autres choses. Par exemple : culture générale, débats, ateliers philo, histoire, géographie, sciences, programmation informatique, exposés, arts plastiques, audiovisuel, littérature et production d'écrits, recherche documentaire, jeux de société, jeux coopératifs, théâtre, couture...



Les ateliers de l'après-midi permettent de :
  • développer (ou de retrouver) le plaisir d'apprendre et la motivation
  • donner plus d’espace et de liberté à la pensée, via une thématique précise mais ouverte (transdisciplinaire)
  • être dans l'activité et l’interactivité (et non dans la consommation de savoirs pré-établis)
  • coopérer, agir avec les autres, quelle que soit la différence d'âge ou de fonctionnement
  • expérimenter, développer son autonomie et ses propres centres d'intérêt.

Psycho-éducation

La psycho-éducation est une éducation, une sensibilisation à la psychologie et à ses applications concrètes. Elle a pour but d'amener l’enfant à mieux comprendre ses spécificités de fonctionnement :
  • au niveau cognitif : comment fonctionne le cerveau quand il apprend ? Comment mémorise-t-on ? Qu'est-ce qu'être attentif ? Ou : qu'est-ce que la dyslexie ?
  • Au niveau émotionnel : Qu'est-ce qu'une émotion ? Comment les reconnaître, les accueillir (voire les anticiper) et gérer leur expression ?
Au sein du SAS, nous travaillons la psycho-éducation selon deux voies :
  • en collectif, lors des ateliers, la sensibilisation à la psychologie étant considérée comme une science humaine et une forme de culture générale comme une autre.
  • Lors de moments de régulation, en individuel, au cours desquels l'enfant peut faire le point de manière régulière sur ses progrès (et ceux qui lui restent à faire) dans son rapport aux autres, sa confiance en lui, son estime de lui, sa gestion des émotions, son niveau de stress et de bien-être, en un mot, sur son épanouissement.

Le SAS, un lieu pour vivre ensemble

2 jours par semaine, le SAS est un lieu de vie singulier, au cours duquel tous les temps de vie du groupe sont intégrés : enfants et adultes accompagnants vivent leur journée ensemble. Ce sont les mêmes personnes qui assurent l'accompagnement des enfants lors des matinées consacrées aux apprentissages fondamentaux, des après-midis d'ateliers, du temps de pause du midi ou des récrés.
Ce mode de fonctionnement assure une vraie cohérence éducative et crée également un excellent laboratoire d'expérimentation du vivre ensemble.
Il s'agit donc d'apprendre, aussi, à développer son relationnel, autour :
  • de la question du respect des personnes : respect des enfants, respect des adultes, respect de soi-même.
  • De la régulation de conflits ou de malaises, lors des conseils de SAS, au cours desquels, chacun, petit ou grand, est amené à exprimer son ressenti et à chercher des solutions qui conviennent au groupe.
  • De la vie d'un groupe ouvert sur le monde, qui, au fur et à mesure des accueils et des départs en cours d'année, se reconstitue, évolue et se remodèle.

Faire équipe avec les parents et les professionnels : le principe de co-éducation :

Nous avons pour principe premier de ne jamais oublier que les parents sont les premiers éducateurs de l'enfant.
Des valeurs partagées sont la base d'une relation de confiance Parents-SAS. Elle passe par les modalités suivantes :
  • Nous rencontrons en entretien individuel tous les parents d'enfants souhaitant s'inscrire au SAS.
  • Les parents sont accueillis.
  • Les observations relatives à leur enfant leur sont expliquées.
  • Ils représentent le premier lien entre l’établissement scolaire et le SAS.
  • Le temps d'accueil du matin s'adresse aux parents comme aux enfants. Chaque famille a également la possibilité de venir passer une demi-journée d'observation au SAS, afin d'observer son fonctionnement en milieu réel.
  • Les parents qui souhaitent s'investir plus en avant ou qui ont un savoir-faire à partager, sont sollicités pour des interventions bénévoles.

Pour les enfants scolarisés, nous proposons les conditions d'un véritable partenariat :
  • participation aux réunions de l'équipe éducative (ou des ESS en cas de handicap) depuis l'entrée dans le dispositif SAS, jusqu'au départ de l'enfant du SAS (quand il semble prêt à réintégrer son établissement scolaire à temps plein),
  • contacts réguliers avec les enseignants,
  • fiches-bilans qui sont envoyées toutes les 6 semaines aux parents et enseignants.
Ce partenariat peut être étendu, selon les cas, aux interlocuteurs qui entourent l'enfant : psychologues et psychologues scolaires, inspecteurs, orthophonistes, psychomotriciens...

Nous cherchons une continuité dans les espaces de vie (vie familiale, vie scolaire en établissement principal, vie au SAS) : laisser une place vraie pour la relation Parents-Ecole-SAS, c'est chercher une continuité dans l'acte éducatif, viser la co-éducation.